Articles de presse

Articles de presse sur risques boursiers et liquidité boursière

ARTICLES DE PRESSE

Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 2 juillet 2012

Article intitulé : AMF : Jean-Pierre Jouyet tire sa révérence aujourd’hui   
« Ensuite, « il faudra conduire une réflexion sur la problématique du conseil en investissement et sur la nature de sa rémunération ». Enfin, les normes comptables devront être regardées de très près, notamment dès qu’il s’agit de comptabiliser à la valeur de marché, ce qui ne peut que générer une forte volatilité. »

Laurent Fargues, propos de Marie-Anne Frison-Roche, professeur de droit économique à l’Institut d’études politiques de Paris et spécialiste du droit de la régulation dont elle a fondé la doctrine en France, dans « Acteurs publics » du 29 mai 2012 Article intitulé : “Des régulateurs publics plutôt que privés” « Marie-Anne Frison-Roche appelle les gouvernements à se saisir de la question des normes comptables. Seul moyen, d'après cette spécialiste du droit de la régulation, de lutter contre la financiarisation excessive de l’économie. Les États sont confrontés à un problème ontologique puisqu’ils sont par nature attachés à un peuple, à un territoire, et que c’est précisément cet ancrage territorial qui est mis en cause par l’instantanéité et de l'immatérialité de l’information sur les marchés financiers. Avec Internet, la finance ne connaît plus de frontière et les États deviennent plus petits que l’objet qu’ils ont vocation à encadrer. On pourrait certes rêver de créer un gouvernement mondial, mais à ce jour, il n’existe pas. Quelle solution préconisez-vous ? La première est d’instaurer des groupements régionaux de pays qui s’accordent sur des règles communes. C’est un premier pas, mais l’absence de frontières de la finance demeure un obstacle. L’autre solution est d’imaginer la puissance publique indépendamment des États et indépendamment des frontières. Apparaît alors la notion de régulation avec des autorités supranationales. Ces autorités de régulation existent déjà et elles n’ont pas empêché la crise de 2008…C’est vrai, mais avouons qu’il était extrêmement difficile de prévoir une crise de cette ampleur. La vraie rupture serait que les États et les responsables politiques s’intéressent de près à la régulation financière et reprennent la main. Les règles prudentielles et les normes comptables sont aujourd’hui quasi exclusivement élaborées par des professionnels, ce n’est pas sain ! Dans un monde où l’information financière a pris une telle importance, les normes comptables sont devenues un bien public. Autrement dit, vous prônez une régulation publique à la place des régulateurs privés… Oui. La régulation des marchés financiers s’appuie aujourd’hui quasi uniquement sur des initiatives privées ou venues de professionnels. Ce sont les banquiers centraux qui se réunissent à Bâle pour édicter des règles de prudence destinées aux banques ou des experts-comptables qui se retrouvent à Londres pour se mettre d’accord sur les normes que doivent respecter les sociétés cotées. Juridiquement, ces organismes n’ont aucun statut ni aucune légitimité, et pourtant leurs décisions ont une influence majeure sur la finance et l’économie mondiale. Il est temps que les gouvernements démocratiquement élus s’en préoccupent ! Pourquoi ne pas laisser les “professionnels de la profession” définir les règles comptables ? Parce que les normes comptables sont devenues un sujet d’intérêt général et qu’il n’y a pas de raison qu’une poignée de professionnels, aussi respectables et savants soient-ils, décident pour l’ensemble de la planète. L’information financière est cruciale car elle influence le regard que nous portons sur la richesse produite par les entreprises, mais aussi de plus en plus sur le patrimoine des États. Songez que Barack Obama a demandé pour la première fois à ce que le budget des États-Unis soit traduit dans des mêmes normes équivalentes à celles des sociétés cotées ! Que reprochez-vous à ces normes ? Elles livrent une vision court-termiste du patrimoine des entreprises dans la mesure où elles obligent à prendre en compte les variations des cours de bourse au jour le jour. Ce sont des normes qui s’adressent aux investisseurs et non aux producteurs, elles encouragent la spéculation et ne disent pas grand-chose de la santé réelle des entreprises. La perspective que les États adoptent les mêmes normes pour plaire aux marchés financiers est alarmante. Ce serait la phase ultime d’une financiarisation de l’économie catastrophique par bien des aspects. Pour l’éviter, il faut placer les règles comptables et financières au coeur du débat public et les remettre à plat. »

Dans « www.trends.be » du 26 janvier 2012 André Orléan qui est au Comité scientifique de l’AMF Article intitulé : Et si les marchés financiers avaient tort ?  «Les prix sur lesquels reposent les marchés financiers sont tronqués, pour ne pas dire totalement faux ! »

Michel Prada, ex-Président de COB, dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 : Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance « Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. »

Monsieur de Juvigny, Secrétaire général adjoint de l’AMF, le 6 décembre 2010 dans « La Tribune » va encore plus loin en précisant : « L’évaluation financière est si peu encadrée qu’elle fait presque figure d’anomalie dans l’univers réglementé de la finance. Mais avec l’essor du concept de « juste valeur », l’évaluation est apparue comme le maillon faible de l’information financière lors de la crise du « subprime », qui a mis en évidence la difficulté à cerner la valeur intrinsèque d’un actif en l’absence de transactions sur le marché. Avant d’ajouter que « L’AMF n’exclut pas la « possibilité de faire référence, à terme, aux standards de l’IVSC, mais « ne se prononce pas, à ce jour, en faveur de normes précises et contraignantes ».

Et pourtant :

Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne à priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse.  »

Noël Amenc, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute et Comité scientifique de l’AMF propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 « La crise a mis en lumière des différences entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents qui les composent, notamment pour des produits investis dans des stratégies ou classes d’actifs peu liquide. Avec comme conséquence, la difficulté d’une bonne gestion de l’actif et du passif que les fonds ouverts sont censés proposer. Il semble important de rappeler qu’une des règles de base de la gestion des risques d’un organisme de placement collectif (OPC) est constituée par la bonne adéquation entre sa stratégie d’allocation d’actifs et son passif, notamment en matière de durée de détention ou plus généralement de liquidité. Il est clair qu’en considérant qu’une meilleure protection des épargnants européens passait nécessairement par des fonds ouverts dont on renforçait les règles et l’exigence de liquidité, les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »

Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, dans "Le Figaro" du 22 janvier 2010 en page 14 :

Article intitulé : Les enjeux politiques insoupçonnés des règles comptables.
" Fin janvier, chefs d’Etats, dirigeant d’entreprise et experts seront réunis à Davos pour « repenser, redessiner, reconstruire l’état du monde ». Au cœur de cette régulation se trouve la question des normes comptables dont l’insuffisance a amplifié la crise, en la diffusant à l’économie mondiale. Leurs effets déstabilisateurs sont pour l’essentiel, venus de l’application du mécanisme de la « valeur de marché » : la baisse des Bourses a entraîné la baisse des actifs des institutions financières, les conduisant à réduire leurs prêts et leurs investissements dans l’économie, ce qui a encore amplifié la crise et entrave aujourd’hui la reprise. La publication, il y a quelques semaines, de la première réponse de l’IASB est inquiétante. Ce nouveau texte accroît en effet l’utilisation de la valeur de marché, notamment, en prévoyant que les variations des Bourses impacteront le résultat des investisseurs, même s’ils n’ont pas vendu d’actions ! Il ne s’agit pas de faire des normes comptables le bouc émissaire de la crise financière. Mais les principes proposés par les normalisateurs internationaux accroissent le risque de contraction des sources de financement de l’économe. Comptabiliser les actifs selon leur valeur instantanée transfèrerait sur les fonds propres la volatilité des marchés. « Accroître la volatilité des bilans des grandes entreprises et des institutions financières, ce sera autant d’emplois détruits, d’investissements bloqués, d’efforts d’innovation contrariés. ». »

Georges PAUGEY, Directeur général du Crédit Agricole, dans « Les Echos » du 28 septembre 2009 : « Le risque systémique était totalement sous-estimé avant la crise financière, comme beaucoup d’autres risques, tels que la liquidité »

Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 : « Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. Il faut aussi réglementer les agences de notation dont les notes ne sont pas suffisamment transparentes et lisibles. Cela frise parfois la malhonnêteté. »

Paul-Henri de La Porte du Theil nouveau Président de l’Association de la Gestion Financière dans « Les Echos » du 18 mai 2009 : «  Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité, qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux »